Hongrie 2011: la présidence de trop ?

C’est donc fait: après 2 x 6 mois de présidence espagnole et belge du conseil européen, faisons place au dernier membre du trio 2010-2011: la Hongrie. L’inventeur du goulash, des bus à accordéon et de la télévision couleur ! Séquence promotion et émotions ci-dessous…

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Malheureusement, tout n’est pas rose en ce bas monde. La Hongrie en 2011, c’est aussi une toute nouvelle loi qui remettra les idées en place des mauvais journalistes, comprenez ceux dont le travail porterait « atteinte à l’intérêt public, l’ordre public et la morale ». Une mesure voulue par l’actuel premier ministre Viktor Orban, conservateur émérite et surtout anti-européen notoire… Evidemment, comme on est en démocratie, il incombera au tout nouveau « Conseil des médias », un groupuscule dirigé par quelques membres issus du parti au pouvoir Fidesz, de mener l’enquête, quitte à perquisitionner les délinquants journalistes, voire leur extirper leurs sources, si nécessaire, avant d’appliquer l’éventuelle sanction. Et dire que les Français se plaignent avec la loi Hadopi !

725 000€, qui dit mieux ?

C’est bien connu, un journaliste, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes… Les plumes anarchistes et opposantes au régime politique actuel peuvent trembler : si leur travail est jugé trop partial ou entravant la dignité humaine, ils risquent alors très gros, jusqu’à 200 millions de forints (soit 725.000€) pour les chaînes radio-TV ou seulement 25 millions de forints (90.000€) pour le web.

J’en connais qui prendraient cher s’ils bloguaient en Hongrie… De quoi régurgiter votre goulash, non?! Quelques jours après l’entrée en vigueur de cette loi, une première plainte émanant de l’opposition vient en tout cas de tomber.

Un signal fort pour l’étranger

Mais qu’importe les petites mesures liberticides, la Hongrie dirige maintenant le conseil de l’UE, elle porte ainsi l’image des 27 sur la scène internationale. Pour la peine, c’est tournée de goulash pour nos amis turcs, biélorusses et autres chinois qui doivent se délecter de cette présidence tout en finesse et rêver peut-être même d’une adhésion dans un futur proche ! A mes amis turcs, je dirai: « Courage, les critères de Copenhague, c’était pour de rire ! »

Et l’UE dans tout cela ? Si d’aucuns commencent à critiquer ouvertement cette politique, notamment la France (celle qui expulsait illégalement les Roms…), le Luxembourg et l’Allemagne, d’autres se laissent désirer. Jose Manuel Barroso et la Commission européenne attendent ainsi de lire le texte en anglais. Quant à Joseph Daul, le président du Parti Populaire Européen, dont est membre le  parti conservateur de Viktor Orban, Fidesz, il se tâte et attend de lire l’interprétation du texte par la Commission… C’est beau l’Europe, non ?

Hongrie, présidences tournantes du Conseil: Game over !

Bon, en même temps, ce n’est pas comme si ces présidences tournantes avaient une réelle utilité !? Ou bien, la Hongrie jouerait-elle juste au kamikaze ? Dans tous les cas, offrons lui une bonne blague belge, souhaitons lui bonne chance, elle en aura bien besoin !

Une réflexion au sujet de « Hongrie 2011: la présidence de trop ? »

  1. J’avais pas remarqué cet article très pertinent Ced donc j’en profite pour lâcher un commentaire.

    Honnêtement, je pense que le concept de présidence tournante est réellement problématique d’un point de la diplomatie européenne qui doit pouvoir s’établir sur le long terme, associant confiance et stabilité. Par quel type de mécanisme pourrait-on la remplacer pour rendre la diplomatie européenne plus efficace et… cohérente ?

    Pierre-Antoine

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