Brice Hortefeux: destin tragique d'un Européen incompris

Souvenez-vous, juin 2009, Brice Hortefeux, est élu eurodéputé français par surprise, défiant ainsi tous les pronostics qui le voyaient inéligible avec sa modeste 3ème place sur sa liste UMP Massif Central – Centre.

« J’étais candidat à une place non éligible pour aider, pour accompagner, pour soutenir, pour partager des convictions, et pas pour exercer une fonction…« , dit alors l’homme politique. Un discours proprement incompréhensible pour un si grand Européen…

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A peine élu, Brice cède d’ailleurs sa place, préférant la poussière des ministères parisiens au confort des bâtiments européens. Mais pourquoi donc ? Deux ans plus tard, le 24 mars 2011 : c’est officiel, Brice est enfin de retour chez lui, au parlement ! L’occasion pour nous de retracer sa brillante carrière européenne et d’apporter un éclairage nouveau sur ces événements de 2009…

1999-2004

Tout commence avec un premier mandat d’eurodéputé. Brice l’Auvergnat, alias « Brice de Quad » reçoit sur un plateau doré la place délaissée par son meilleur ami, Nicolas Sarkozy. Honoré par cette noble mission à plein temps, il emménage solennellement à Strasbourg, mais les fins de mois sont difficiles avec ses modestes 7.000€ de salaire fixe. Travailleur infatigable, il accepte alors un autre job à mi-temps, en heures supplémentaires, comme conseiller politique de Nicolas Sarkozy, à partir de 2002. Le travail européen de Brice perd en efficacité, l’absentéisme s’accentue, mais c’est un mal nécessaire pour lui et sa famille. Travailler plus pour gagner plus, pensait-il alors…

2004-2009

Plus européen que jamais, Brice se fait (ré)élire sans l’aide de personne en juillet 2004. Làs, l’inflation n’aidant pas, il doit à nouveau accepter un poste « alimentaire » à mi-temps, en tant que conseiller régional d’Auvergne, cette fois-ci. Contre toute attente, Brice quitte précipitamment Strasbourg en juin 2005, kidnappé à l’insu de son plein gré par son ravisseur : un certain Nicolas Sarkozy. Brice ne le sait pas encore, mais il sera embarqué pour 6 ans de galères ministérielles à Paris. Pour lui, c’est le début du calvaire…

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2009-2014

Juin 2009 : dans un élan de courage, Brice parvient à s’extraire du joug de son ravisseur et même à décrocher un nouveau mandat européen inespéré. Mais Brice est vite rattrapé par Nicolas qui le somme de rester à Paris. Le calvaire continue…

Février 2011 : Epuisé jusqu’au trognon par ses multiples petits jobs à temps partiel, moralement cassé par plusieurs basses accusations fondées sur des blagues incomprises, Brice est finalement relâché.

Brice outragé ! Brice brisé ! Brice martyrisé ! Mais Brice libéré !

Brice s’inscrit au pôle emploi, comme 3 autres millions de Français, mais au fond, il rêve d’un retour à ses premières amours : la politique européenne.

Débouté dans un premier temps par le parlement européen – lui qui a tant oeuvré pour l’UE, comme eurodéputé mais aussi comme ministre de l’intérieur français – on lui refuse son dû sous prétexte qu’il n’aurait même pas siégé un seul jour durant son 3ème mandat… Comme s’il avait eu le choix !

C’est alors que le destin intervient… Au moment où Brice n’y croit plus, il bénéficie de la démission inespérée de Catherine Soullie, sa suppléante, perdue de vue durant toutes ces années en captivité, qui s’efface alors par admiration pour son mentor.

Tout est bien qui finit bien : « Gérer le succès, c’est pas ce qu’il y a de plus compliqué !« . Si seulement l’avenir lui donnait raison… Qui sait si le bourreau de Brice ne reviendra pas le chercher dans quelques temps pour l’enfermer à nouveau dans une cellule de conseil parisienne miteuse ou dans un hémicycle vieillot…

Bonne chance à toi Brice, en tout cas, tu l’as bien mérité ce poste à Bruxelles Strasbourg !

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