Fish & chips sauce biki

Photo par kumquatgirl - Flickr CC

C’était donc ça la recette miracle pour donner un visage à l’UE redonner un cachet européen au Conseil : une anglaise (Catherine Ashton) et un belge (Herman Van Rompuy), une parfaite inconnue et un premier ministre par intérim… Champagne ! Enfin, dans dix jours, nous saurons mettre un visage sur l’UE : un pour le Conseil + un pour la Commission + un pour le Parlement + un pour les Affaires étrangères sans oublier un dernier pour la présidence semestrielle tournante du Conseil qui – et non ! – ne disparaîtra pas comme on nous l’avait annoncé. Soit cinq visages pour le prix d’un ! Tel est le prix à payer pour réaliser la quadrature du cercle géopolitique européen. La nature humaine étant ce qu’elle est, il ne pourra en rester qu’un (si jamais il y en a un dans la liste…). L’avenir nous dira qui sera ce Highlander européen, qui gagnera LE numéro, celui qu’on appellera quand on voudra parler à « l’Europe ».

A quoi sert le Conseil déjà ?

C’est étrange mais la déception semble être le sentiment dominant parmi les observateurs de la bulle européenne depuis cette double nomination hier soir. Fallait-il en attendre vraiment plus ? Je ne le pense pas. Le Conseil n’a pas vocation à représenter l’UE, ni l’intérêt général des citoyens européens… La véritable vocation du Conseil est la gestion des égoïsmes nationaux à l’abri des regards au fin fond de la tanière du Justus Lipsius. Dès lors, toutes ces négociations d’apothicaires devraient laisser de marbre tout bon fédéraliste qui se respecte.

Choix vs non-choix

Cela étant dit, que penser de ce double choix ? D’un côté, van Rompuy est certes effacé, mais semble être assidu et plutôt apprécié en Belgique où l’on ne parle plus de divorce Flandre/Wallonie depuis son arrivée. L’Europe a autant besoin de leaders charismatiques que de travailleurs de fond. On ne peut pas toujours avoir les deux en même temps. Après tout, en son temps, Delors n’est pas non plus arrivé au Berlaymont comme une super star, mais on sait ce qu’il a apporté à l’Europe au final… Surtout, on ne pourra suspecter une attitude eurosceptique venant d’un homme issue d’un pays / parti fédéraliste. Laissons donc faire le temps.

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De l’autre côté, la nomination de la baronne Ashton me laisse pantois. Une femme, très bien, compétente dit-on, encore mieux, mais au CV assez léger en matière d’Europe (un an de remplacement à la Commission) et vierge en matière de politique étrangère. Je me demande surtout pourquoi et comment un pays (la Grande Bretagne) eurosceptique notoire, hors zone Schengen, sans l’Euro, sans charte des droits fondamentaux, mais avec un chèque garni et une propension certaine à bloquer toute avancée européenne a-t-elle pu imposer un de ses ressortissants ? Peut-être serait-il temps d’envoyer les gouvernants franco-allemands prendre quelques cours de lobbying, là où les Britanniques excellent !

Vers la recette parfaite

Reste à savoir si et comment notre tandem fish & chips fonctionnera et à quelle sauce il sera éventuellement mangé (par la Commission et le reste du Conseil) ? Une sauce biki ne serait pas pour me déplaire. :-p A fortiori si la sauce est servie par le Parlement qui, rappelons le, est la seule institution européenne pleinement démocratique, seule institution qui peut s’enorgueillir de vrais politiques européens sans concession, Cohn-Bendit ou Verhofstadt en tête…

Sur cette note culinaire, j’hésite à aller hiberner les cinq prochaines années…

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