Bourses molles et autres blagues démocrates

S’il est un mot qui me vient à l’esprit lorsqu’on m’interroge sur l’état actuel de la démocratie européenne, c’est bien la « médiocrité ». Je pourrais bien évidemment, pour la énième fois, la mettre sur le compte des eurodéputés français dans leur majorité (sans oublier tous les Européens arrivistes, parvenus et autres bouches-trou), sur l’ensemble du Conseil européen, anti-démocratique et anti-européen par nature, sans oublier la Commission Barroso II, dirigée par qui l’on sait…

Heureusement, l’UE est la seule (ou l’une des rares) démocratie à offrir à ses citoyens du débat, du vrai. Depuis quelques semaines, on a en effet pu voir les grands oraux des nouveaux commissaires européens auprès du parlement européen sur la web TV. Quelle autre démocratie peut en effet se targuer de passer ses futurs « ministres » sur le grill ? Quelle meilleure méthode que d’imposer de sévères interrogatoires à ceux qui sont censés oeuvrer pour notre bien commun ? Làs, dans les faits, qui regarde ces longues séances de thérapie pour soigner les insomnies ? A moins d’être concerné par l’un ou l’autre « ministère » européen parce qu’on travaille dans un domaine précis de la « bulle », à moins d’être un eurogeek hardcore de type « no life », il n’y avait aucun intérêt à les suivre… D’abord, parce que le format et l’essentiel des candidats sont fades et inappropriés au visionnage, mais après tout on ne demande pas à voir la ferme célébrités, c’est certain. Ensuite, parce que les jeux étaient faits d’avance. Vu du citoyen lambda, Bruxelles est un monstre politique avec des commissaires bien payés venus des quatre coins d’Europe. Il faut bien être conscient des enjeux. Quand on aborde des salaires au dessus de 10000€ par mois et autres titres honorifiques, beaucoup se découvrent une fibre européenne… Il en va ainsi par exemple de Barroso qui a été reconduit par une belle majorité des parlementaires alors que l’essentiel de ceux-ci critiquaient son bilan l’an passé. Drôle de démocratie !

C’est justement toute cette mascarade qu’a dénoncé hier l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, demandant des comptes au président de la Commission, Jose Manuel Barroso, sur son absence de vision européenne, demandant des comptes à Catherine Ashton, notre nouvellement nommée ministre des affaires londino-bruxelloises étrangères unilingue, inexpérimentée et invisible/muette malgré les événements internationaux de ces dernières semaines (Haïti), demandant des comptes au chef de file des socialistes européens, Martin Schulz, qui en cautionnant délibérement la réelection du cancre Barroso en 2009 (dans l’espoir d’occuper la présidence du parlement européen d’ici 2 ans et demi), a vendu l’âme de son parti (on en a vu le résultat aux dernières élections européennes).

Tout ceci est pathétique. Comment veut-on que l’Europe parle aux gens, les fasse rêver, leur donne de l’espoir quand ceux qui la dirigent sont à ce point cyniques ? Dany parle de « coalition des hypocrites ». Devant tant de mollesse et de calculs si petits, on pourrait ajouter le qualificatif « bourses molles » pour désigner toutes ces têtes mal-pensantes qui dirigent notre UE. Devant un tel parterre de snobisme et de dédain (il n’y a qu’à voir les réactions face au disours de Cohn-Bendit) pour le peuple et la cause européens, heureusement qu’il en reste quelques-uns comme Dany pour dire tout haut ce qu’une minorité d’Européens engagés (dont je suis) pense tout bas.

Gageons que ce genre de vidéo fasse le tour du web jusqu’au citoyen lambda qui doit savoir que malgré une majorité de profiteurs et de calculateurs, le projet européen mérite qu’on s’y investisse et qu’on peut encore voter pour quelques rares hommes politiques engagés avant tout pour leurs idées. Dans cet océan de médiocrité, j’aurai retrouvé le sourire par cette vidéo. Et encore une chose: « ta gueule Martin! »

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