Deux mois déjà passés dans la capitale, deux mois heureux… ou presque! Car « un » élément manque à mon épanouissement total…
Vivre en Belgique est une source de petits bonheurs quotidiens que j’énumèrerai pas sur ce blog (Rappel du concept: j’y dénonce avant tout la bêtise!). La Belgique est synonymes de gâterie(s), mais une en particulier flatte mon égo d’Européen, une vraie gâterie que je n’ai jusque là jamais connu dans les autres pays où j’ai vécu. Non, ce ne sont ni les pralines, ni les frites… Il s’agit juste de la carte d’identité belge pour les non-belges ! Ou le permis de crâner partout en Europe avec sa carte d’Eurobelge bruxellois ! 🙂
Au format carte de crédit, munie d’une puce, cette carte propre à tout résident belge, qu’il soit citoyen ou pas est LE sésame pour une tournée open-administrations réussie ! L’occasion, par exemple, de…
- Conclure un contrat avec un opérateur de téléphonie mobile
- Bénéficier du 1/3 payant en cas de soins médicaux
- Immatriculer sa voiture
- Et j’en passe…
Pourquoi combler tous ces besoins primaires avec sa carte d’identité européenne non-belge quand on peut le faire avec une locale ?! 😀
Il n’y a qu’un problème dans l’histoire… Cette carte nécessite au minimum 6 mois d’attente, le temps qu’un employé de la commune daigne venir sonner à votre porte pour vérifier que vous résidez bien à l’endroit indiqué, préalable à la mise en route de la dite carte… Adieu le doux rêve d’une tournée royale des administrations !
La vie continue bien sûr sans cette carte, mais d’une manière assez inattendue… A peine inscrit, votre mutuelle vous enverra ainsi un courrier vous expliquant que vous ne pouvez prétendre à aucun remboursement car votre inscription n’a pu être complétée… Un courrier qui fait plaisir, surtout après 2 semaines de lutte pour être assuré (cf.mon épisode schizophrénique)! Dans les faits, la mutuelle rembourse tout de même les soins, mais le patient doit payer intégralement sur le moment…
Heureusement, il est possible de partiellement contourner ce manque. On pourra ainsi souscrire une ligne GSM avec une carte d’identité européenne non-belge, mais seulement en boutique! Le site web bloquant toute inscription sans numéro d’identité belge.
Sans le précieux sésame, on pourra aussi malgré tout immatriculer son véhicule, mais en se présentant obligatoirement avec l’acte provisoire de résidence (qui fait donc office de document provisoire d’identité belge (?) en attendant la visite du préposé, un jour peut-être, et la carte plastifiée, un jour encore plus lointain..?). Sans cela, c’est l’impasse ! Bien évidemment, j’ai une tête à me promener en permanence avec une feuille rose A4 tamponnée par ma commune… Je vous épargnerai donc le nombre d’allers-retours que j’ai du faire… pour rien !
Fait intéressant : tout document officiel émanant de votre ambassade tel que, au hasard, un certificat de résidence ou une carte d’identité fraîchement refaite avec votre adresse belge, n’a aucune valeur pour l’administration belge. J’aurai également été joliment sidéré de voir la DIV (l’organisme belge d’immatriculation des véhicules) incapable de me trouver chercher dans les listes de résidents bruxellois contrairement à leurs homologues douaniers un peu plus conciliants… L’honneur est donc sauf ! L’incapacité à communiquer entre les administrations des différents États membres n’est que, encore et toujours, le reflet agrandi de l’incapacité qu’ont les administrations d’un même pays à communiquer entre elles !
[Disclaimer] Naturellement, ces critiques, même si elles s’appuient sur un absurde état de faits belge, visent moins l’administration d’un seul pays que tous les archaïsmes administratifs européens dans leur ensemble. Je suis certain que vous aurez quelques autres perles à partager dans les commentaires… Quant à moi, j’aurai retenu une chose essentielle : la belgitude se mérite, y compris pour les impatients les plus motivés ! Un jour peut-être, moi aussi, j’en serai !
6 réflexions sur « Un jour, je serai belge! »